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Tous les jours de consultation, la question du lien entre performances scolaires et strabisme est posée (nous reviendrons sur ce point ultérieurement), mais aussi avec elle la question de la dyslexie. Cette question est très complexe mais le colloque de septembre 2009 organisé par notre équipe avec des spécialistes reconnus et éminents de cette pathologie, a bien montré que le lien entre troubles visuels et dyslexie était pour le moins improbable dans l’état actuel des connaissances. La pathologie dyslexique ne trouve pas son origine dans la fonction visuelle. Les arguments en faveur de ce fait sont très puissants et il fort improbable qu’il soit remis en cause.
Sur ce sujet, on ne peut que vous conseiller le livre de Stanislas Dehaene : « Les neurones de la lecture », Ed. Odile Jacob, livre remarquable mais complexe. C’est pourquoi il m’a paru intéressant de mettre à votre disposition ce texte de Michel Habib, neurologue et Professeur de neurosciences, paru en 2008 sur le site de l’APEDYS.

Ce texte est disponible au téléchargement.
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Les causes de la dyslexie
Docteur Michel Habib, neurologue, Professeur Université d’Aix, neurosciences.
Il y a quelques années à peine, on concevait la dyslexie comme une difficulté d’apprentissage en rapport avec un trouble particulier de l’intelligence et favorisé par un contexte psychologique et familial souvent considéré comme déterminant. On sait à présent qu’il n’en est rien. Depuis une quinzaine d’années, en effet, divers travaux de recherche ont permis de préciser les particularités de la structure cérébrale du dyslexique. Et, contrairement à ce qu’on pourrait penser, dans la majorité des cas les résultats de ces recherches tendent à montrer que le cerveau du dyslexique, loin de manquer de substance cérébrale, en particulier de cette « substance grise » qui contient l’origine des neurones, en possède en excès, un excès considérable puisqu’il s’agit de plusieurs millions de neurones supplémentaires !
Trop de « matière grise » peut nuire !
Des travaux américains ayant étudié au microscope des cerveaux de sujets qui avaient été de leurs vivants dyslexiques, ont mis en évidence des anomalies de la structure du cortex cérébral. Ce cortex cérébral, qui s’étend sur toute la surface du cerveau sous la forme d’un ruban de 3 à 4 mm d’épaisseur, apparaît au microscope comme un amas de cellules organisées en plusieurs couches superposées. Chez le dyslexique, on note dans la couche la plus superficielle des amas anormaux de plusieurs milliers de cellules en excès, réalisant de véritables « verrues » corticales ou ectopies. Ces ectopies prédominent nettement sur l’hémisphère gauche, et plus précisément dans les zones dévolues au contrôle des fonctions du langage (région périsylvienne). Les données disponibles sur le développement normal du cortex permettent de dater au milieu du 6e mois de gestation le mécanisme anormal ayant abouti à la production de ces neurones en excès et en position atypique.
Des anomalies microscopiques sur les voies visuelles et auditives
Les spécialistes de la microscopie cérébrale ayant analysé ces cerveaux de dyslexiques ont également découvert des anomalies cellulaires non plus au niveau de la surface corticale, mais dans la profondeur des hémisphères, au sein de noyaux appelés les corps genouillés qui servent de relais aux voies auditives et visuelles. Plus précisément, il existe une atrophie des grosses cellules de ces noyaux, dont on présume qu’elles servent à véhiculer un certain type d’informations sensorielles ayant trait à la perception globale et à la transmission rapide de l’information, tant auditive que visuelle. Ces anomalies magnocellulaires ont été rapprochées des constatations citées plus haut d’anomalies de la perception des informations visuelles rapides et à faible contraste chez le dyslexique.
Latéralisation du cerveau et dyslexie : quand la droite et la gauche ne se parlent plus !
Une des particularités les plus étonnantes du cerveau humain est d’être constitué de deux moitiés (hémisphères) reliées par un « pont » de substance blanche, le corps calleux.
Ces deux hémisphères, bien que morphologiquement très similaires, fonctionnent en fait de manière très différente. Le gauche contient tous les centres et circuits spécialisés dans le langage, alors que le droit est pratiquement incapable de toute activité linguistique mais contient la plupart des circuits permettant la perception spatiale, en particulier sur le mode visuel, du monde environnant.
Depuis plus d’un siècle, les médecins ayant observé des enfants dyslexiques se sont demandés, sans pouvoir y répondre scientifiquement, si la cause de la dyslexie n’était pas simplement un trouble de l’équilibre entre les deux hémisphères, en particulier une mauvaise répartition des fonctions entre le droit et le gauche, ou une mauvaise communication entre les circuits de chaque hémisphère. Avec l’introduction de l’IRM, il est maintenant possible de répondre à cette question en analysant précisément les différences morphologiques entre les hémisphères cérébraux et en mesurant la taille du corps calleux.
Des travaux récents ont ainsi montré deux différences fondamentales entre les cerveaux de sujets dyslexiques et non dyslexiques : d’une part une modification de l’asymétrie entre les parties droite et gauche de certaines zones de la surface cérébrale, et d’autre part une augmentation de la taille du corps calleux Dans les deux cas, ces particularités correspondent à des millions de cellules nerveuses supplémentaires sur le cerveau du dyslexique par rapport au non dyslexique. Qui plus est, il a été montré que ce sont bien ces anomalies qui sont responsables du trouble du dyslexique, puisque leur importance s’est avérée proportionnelle à l’importance du trouble de la lecture.
Une destruction programmée sous l’effet des hormones masculines
Pourquoi et comment est-il possible qu’un cerveau contienne des millions de neurones en trop, on ne le sait pas encore, mais tout laisse à penser que ces cerveaux n’ont pas subi un processus naturel qui, au cours du développement du fœtus, se caractérise par la destruction normale, physiologique, de millions de cellules, celles-là même, peut-être, qui persistent chez le dyslexique. On pense en outre que des hormones comme la testostérone (l’hormone mâle) pourrait être un facteur favorisant ou défavorisant selon les cas, de cette destruction programmée.
Conclusion
Il est clair que le fardeau psychologique que représentent, tant pour l’enfant que pour son environnement familial, la confrontation quotidienne avec l’échec, le poids de la différence, l’incompréhension générale des enseignants face à un phénomène qui leur échappe, est générateur de tensions et de conflits qui ne pourront parfois être résolus qu’à l’aide d’une psychothérapie.
Il est clair également que les caractéristiques socioculturelles de l’environnement familial pourront jouer un rôle déterminant en prodiguant à l’enfant les encouragements nécessaires et en lui assurant une motivation suffisante pour affronter l’effort supplémentaire que représente pour lui une rééducation orthophonique au moins bihebdomadaire durant parfois plusieurs années.
Il n’en reste pas moins que la démonstration d’un substrat biologique à la dyslexie, faisant entrer du même coup les neurosciences dans le domaine socio-éducatif, représente un espoir considérable d’améliorer la condition d’une minorité qui sans identité n’avait pas d’existence, ce qui ajoutait encore à sa détresse.
Insister à nouveau sur le caractère spécifique de ces troubles, c’est tout à la fois souligner que le domaine déficitaire se doit d’être pris en charge de la manière la plus performante possible et mettre en avant les qualités intactes, parfois supérieures, de ce cerveau " extraordinaire " reconnu par la médecine mais pas encore par la société.

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Date de création de la page : avril 2010

Date de révision de la page : Dimanche, 22 Mars 2015